Biographie

Emilie Prouchet- Dalla Costa, est une jeune artiste sculpteur née en 1984. Elle vit et travaille près de Toulouse.

Elle s’oriente sa pratique vers  la sculpture  monumentale  in situ afin d’ouvrir un dialogue entre art et environnement. Très influencée par les rites et coutumes archaïques, elle construit  un univers entre force et fragilité où l acier corten  se mêle au verre soufflé. De manière implicite, son œuvre met  en évidence  des références , scientifiques ,archéologiques ou médicales.

Depuis 2015  elle enseigne  les arts plastiques et le design à l’université  Toulouse Jean Jaures  en parallèle de sa carrière artistique.

Les sculptures et installations qu’élabore Émilie Prouchet Dalla-Costa instaurent un rapport immédiat au matériau, en particulier l’acier corten. Celui-là – matériau récurrent dans son  œuvre – lui offre, outre ses qualités physiques, techniques et esthétiques, matière à réflexion sur le rapport entre l’art et la nature, ainsi que sur la place de l’homme dans nos sociétés. C’est après un voyage en Amérique Latine, que son intérêt s’est porté sur les rites et coutumes précolombiennes, ouvrant une réflexion plus large sur la relation qu’entretien l’art avec certains mythes. Son travail se développe dès lors, autour de la question du primitivisme et du regard que porte l’homme moderne sur les us et coutumes des sociétés tribales.

Si plus largement on retrouve l’utilisation de l’acier corten dans les domaines de l’architecture et de l’art contemporain, Émilie Prouchet Dalla-Costa l’utilise essentiellement dans la réalisation d’œuvres monumentales (cf. « LU.BI », « PORTE-DV ») dont l’aspect oxydé et rouillé ainsi que la texture ne sont pas sans rappeler certains éléments de la nature comme l’écorce des arbres.

Ses sculptures mettent souvent en scène comme un leitmotiv, des formes de lames découpées, ciselées dessinant comme une fracture, lames élancées, verticales qui déploient leur dessin dans l’espace, graphismes d’acier, tournés vers l’horizon. Dans certaines de ses pièces sculptées, elle combine la rigidité du métal à un matériau plus malléable, le verre coulé ou soufflé, pour lequel elle collabore parfois avec un maître-verrier.

Sculpture en suspension comme « ALB » en excroissance qui matérialise le souffle devenu moulage comme dans « Louise », ou encore faisant appel à  un autre médium tel la lumière dans  « À la source ».

À l’instar du phénomène de la cristallisation, la matière transparente du verre qui se fige en refroidissant, fait apparaître les interstices donnant à l’œuvre un sens nouveau, dont le vide fait figure de plein. Ainsi, dans ses « Lames » ou « Failles », le vide entre les éléments devient révélateur de l’espace environnant.

L’association de ces deux matériaux, lui a permis, plus récemment, de renverser les valeurs propres à chacun des matériaux en une inversion des codes (cf. « Fluide »). En effet, si nous transposons dans le domaine de la construction ou de l’architecture le rôle structurant de l’acier, dans certaines de ses sculptures ou installations c’est le verre qui, structure fluide et transparente, devient l’élément porteur.

De la sculpture –parfois à la limite du design-dont les formes parallélépipèdique et élémentaires permettent de rendre plus perceptibles les propriétés des matériaux , jusqu’au développement modulaire de certaines installations qui se déploient dans l’espace , l’ensemble de  son œuvre s’inscrit par ailleurs dans une double appartenance .Le processus mis en œuvre s’ouvre aux possibilités offertes par les nouvelles technologies tout en s’inscrivant dans la lignée de l’art minimal et du land art.

Tout en faisant siennes certaines préoccupations liées à des notions d’archaïsme (cf « Totem »), son œuvre mêle de façon plus ou moins implicite des références appartenant au monde de la  science, de l’archéologie, de la nature, de la géologie ou encore de l’imagerie médicale (cf. « Vanita »).

Son travail et sa réflexion portent avant tout sur la perception des objets et leur rapport à l’espace, mettant résolument l’humain au centre de sa démarche, l’humain avec ses questionnements, ses doutes et ses « Failles ».

Sculpture ou installation, Émilie Prouchet Dalla-Costa construit son œuvre autour de la matérialisation d’une transposition symbolique, élément révélateur d’une dimension intérieure.

2017

  • Réalisation de RAYO , sculpture monumentale . Commande publique  pour la ville de Tournefeuille (31).

2016

  •  Exposition  à l’Institut  Culturel BERNARD MAGREZ  – Chateau Labottière – Bordeaux  – 18 juin – 7 octobre
  •  Exposition  Voyage au coeur du sein , Place de la République , Paris

2015      

  • Réalisation d’un monument souvenir pour le centenaire de la guerre de 1914/  1918 . Commande publique, commune de Saint Vincent (31) .
  •  Réalisation du trophée pour les championnats du monde d’endurance équestre   – Abu Dhabi , Émirats Arabes Unis

2014

  • Réalisation de « Voyage au Cœur du Sein », installation itinérante pour la prévention du cancer du sein, place du Capitole , Toulouse

2013

  • Collaboration avec Matali Crasset pour la réalisation du « Bois de Sharewood », centre d’art de La Cuisine, Nègrepelisse.

2012

  • Réalisation au titre du 1% artistique  d’ « En chemin », sculpture monumentale pour le Lycée polyvalent de Valence d’Agen.
  • Aide individuelle à la création de la DRAC Midi-Pyrénées

2011

  • Sélection au concours organisé par l’Agora Gallery – Chelsea,  New-York

2010

  • Réalisation d’ « A la source », sculpture monumentale commandée par la ville de Nègrepelisse pour la Place Des Potiers.
  • Partenariat avec le groupe Spie pour la fabrication de sculpture en acier corten.
  • Collaboration avec Régis Anchuelo, artiste verrier  et meilleur ouvrier de France à Cordes-sur-Ciel

2009

  • Exposition à la Galerie Terre des arts. Paris et Cannes

En chemin, sculpture réalisée dans le cadre du 1% artistique :

De ce que l’artiste appelle ses « lames », nous retiendrons ici leur « figures » un peu penchées,légèrement courbées, unies dans un même mouvement comme arrête, chacune exposant au regard, son profil a la dentelure d’acier. (..)
Ce tout, forme comme la trace d’un rituel, le rituel d’un temps ancien, ou d’une danse, lointaine appartenance à un culte sylvestre.
Telles des figures totémiques, ces sculptures se dressent entre terre et ciel, instaurant un énigmatique dialogue, entre elles et nous, et chacun des éléments devient le signe annonciateur qui nous montre un possible chemin, comme ca, l’air de rien, en une promenade, comme « En chemin ».
Isabelle Senges (DRAC Midi- Pyrénées) le 10/05/2012

On ressent une stabilité et une légèreté, tel un monument mystérieux ou une magie primitive serait enfermée dans le verre et l’acier. Les sorciers des temps anciens ont peut-être emprisonne là des forces mystérieuses (…)

Yves Bonnefoy dans « l’arrière pays » parle d’un pays, la bas, plus loin ou l’air serait plus pur, ou les choses seraient d’une essence supérieure… Nous en aurions une nostalgie, un pressentiment… Peut-être que ses sculptures viennent de là?
Xavier Maneville

Ma rencontre avec les sculptures d’Emilie Prouchet Dalla-Costa coïncide avec la relecture de la conférence de Gilles Deleuze a la FEMIS le 15 mai 1967 sur le thème ≪ Qu’est ce que l’acte de création ? ≫ (…)
Au départ, il y a une maîtrise du métal, jusqu’à son intimité secrète : déchiré, mâché, reconstruit en soif de lumière jusqu’à la transparence.
Laissons nos sens découvrir le chant de la matière , dépecée, évidée , martyrisée , mais aussi séduite , caressée, humée , domptée , bercée , protégée , comme pour la co-naître et renaître d’elle-même . La matière telle une matrice (étymologiquement mère) se gorge de lumière
jusqu’à croître (…) jusqu’à y inclure des boursouflures de verre (toujours en feu), formes qui emprisonnées dans le métal deviennent voluptueuses et apaisantes (…)
Malraux disait que l’art seul résiste à la mort, Deleuze y ajoutait le combat. (…)
Francois R.Come

Son travail sur le métal et le verre l’occupe entièrement, c’est une sorte de confrontation avec la matière brute et rebelle, une lutte avec les éléments où le feu est primordial. Cette lutte, qu’elle dit mener plus par la ruse*) que par la force, donne des pièces presque organiques, où le verre semble dompter le fer. La fluidité du verre vient a bout de la dureté du métal soumis.
Récemment inaugurée, une sculpture monumentale commandée par la ville de Negrepelisse pour embellir la place des Potiers témoigne de cette vigueur du rapport aux éléments primordiaux maîtrisés et contenus avec une rigueur inspirée du nombre d’or classique.
La Dépêche du midi 05/12/2010

*Les Ruses de l’intelligence. La métis chez les Grecs, Marcel Detienne en collaboration avec Jean-Pierre Vernant, Paris, Flammarion, 1989

(…) Commande publique de la mairie de Nègrepelisse, elle traite de la dualité entre l’artiste et l’artisan et du rapport mystique qu’entretient l’homme avec le feu. Emilie Prouchet Dalla-Costa, jeune artiste locale, a fait appel à différents artisans locaux et un verrier de Cordes. En effet, une boule de verre éclairée avec de la fibre optique donne des effets spéciaux passant du bleu au blanc (…) 
En utilisant de l’acier auto-patinable, développant avec le temps une pellicule de rouille, l’artiste a souhaite faire évoluer sa sculpture qui prendra différentes teintes au fil des années. Une œuvre pérenne qui ne prendra pas une ride, adossée à un puits, restauré par la municipalité de Nègrepelisse, témoignage de l’histoire locale !
La Dépêche du midi 11/10/2010